La Nuit étoilée de Van Gogh, ciel bleu et reflets jaunes du gaz sur le Rhône, à côté d'une bille MesBilles Van Gogh de 22 mm en verre bleu à deux traînées jaunes

Peintres
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Il y a dans notre atelier une bille que nous avons appelée Van Gogh. Puis une deuxième, puis cinq. À chaque fois, le même réflexe : devant ce bleu traversé de jaune, nous avons pensé à ses tableaux.

Aucune de ces billes ne reproduit une œuvre. Ce qui nous a arrêtés, c'est autre chose : cette façon dont le bleu et le jaune semblent se renforcer lorsqu'on les place l'un contre l'autre.

Alors nous sommes allés voir. Ce que nous avons trouvé tient dans un journal d'Arles, une datation astronomique et un pigment rouge qui s'est altéré.

Le jaune ne se pose pas sur le bleu : il le fait sonner

Chez Van Gogh, le voisinage du bleu et du jaune est rarement anodin. Ses lettres montrent combien il réfléchit aux effets produits par les couleurs lorsqu'elles se répondent.

En septembre 1888, il écrit à sa sœur Willemien que la nuit lui paraît souvent plus richement colorée que le jour, violets, bleus et verts intenses, et il en tire une conséquence pratique.

« il est évident que pour peindre un ciel étoilé il ne suffise point du tout de mettre des points blancs sur du noir bleu. »
Vincent van Gogh à sa sœur Willemien, Arles, septembre 1888. Lettre 678, édition critique du Van Gogh Museum (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Ce qu'il cherche à Arles est donc un nocturne sans noir. Et il note que la lumière du gaz, jaune et orangée, agit sur ses bleus plutôt que de les recouvrir.

Le jaune n'est pas simplement posé sur le bleu : il le fait sonner.

La Nuit étoilée : l'étoile qui n'en est pas une

Lorsque Van Gogh écrit à Théo qu'il a observé, avant le lever du soleil, une « étoile du matin » particulièrement grande, il ne parle pas d'une étoile.

Il regarde Vénus. Et Vénus se retrouve dans le ciel de La Nuit étoilée, qu'il peint le même mois de juin 1889, depuis Saint-Rémy-de-Provence.

Ce ciel très libre contient donc aussi une observation précise du ciel réel.

C'est devant cette rencontre du bleu profond et des éclats jaunes que notre bille Van Gogh de 16 mm a trouvé son nom.

La Nuit étoilée sur le Rhône : il travaillait vraiment dehors

Septembre 1888, Arles. Van Gogh ne reconstitue pas cette nuit depuis son atelier : il sort son chevalet et travaille au bord du Rhône.

Ce n'est pas une figure de style. Le journal local, L'Homme de Bronze, publie le 30 septembre 1888 un entrefilet qui vaut mieux que n'importe quelle légende posthume.

« M. Vincent, peintre impressionniste travaille, nous assure-t-on, le soir, à la lueur des becs de gaz, sur l'une de nos places. »
L'Homme de Bronze, Arles, 30 septembre 1888, cité dans l'appareil critique de la lettre 691 (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Van Gogh écrit la même chose à son frère le 29 septembre : le ciel étoilé peint la nuit même, sous un bec de gaz, le ciel bleu vert, l'eau bleu de roi, les terrains mauves, le gaz jaune et ses reflets descendant jusqu'au bronze vert.

Le musée d'Orsay, qui conserve la toile (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre), décrit le résultat : les bleus dominent, bleu de Prusse, outremer ou cobalt, pendant que les lumières à gaz de la ville brillent d'un orange intense et se reflètent dans l'eau.

Pourquoi peindre dehors, la nuit, plutôt qu'au chaud le lendemain ? Il l'explique lui-même : dans l'obscurité il peut confondre un bleu et un vert, mais c'est, dit-il, le seul moyen de sortir de la nuit noire conventionnelle.

Il accepte de se tromper sur place plutôt que d'avoir raison de mémoire. C'est du moins ainsi que nous comprenons son choix.

Nos deux traînées jaunes tombant dans le bleu, sur la 22 mm, viennent de ce tableau-là.

La Chambre à coucher de Van Gogh, murs et portes bleus, lit et chaises jaune beurre, avec une bille MesBilles Van Gogh de 35 mm posée à gauche

La Terrasse d'un café le soir : une nuit datée à deux jours près

Van Gogh ne datait pas ses toiles. Pour celle-ci, on connaît pourtant la nuit.

Le Van Gogh Museum (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre) l'écrit sans détour : la recherche astronomique a établi que la position des étoiles dans ce tableau correspond à celle du 16 ou 17 septembre 1888. Le musée date d'ailleurs l'œuvre « vers le 16 septembre 1888 ».

La disposition des étoiles peintes était donc suffisamment proche du ciel réel pour permettre une datation astronomique de la scène.

C'est aussi le tableau qui donne à voir le plus nettement ce qu'il cherchait : un nocturne sans noir, une grande masse jaune contre un bleu sombre. Notre 25 mm.

La Chambre à coucher : le tableau a changé de couleur

Le 16 octobre 1888, Van Gogh décrit sa chambre à Théo, couleur par couleur : les murs d'un violet pâle, le sol à carreaux rouges, le bois du lit et les chaises jaune beurre frais, la couverture rouge écarlate, la fenêtre verte, la cuvette bleue. Et : « Les portes lilas. »

Regardez le tableau aujourd'hui : les murs et les portes sont bleus. Pas violet pâle, pas lilas. Bleus.

Le Van Gogh Museum a établi pourquoi (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Pour obtenir ses violets et ses roses, Van Gogh mélangeait à ses bleus et à son blanc des laques rouges, pigments réputés instables. À mesure que ces pigments rouges se sont altérés, les composantes bleues du mélange sont devenues beaucoup plus dominantes.

Le musée est allé jusqu'à en faire une reconstitution numérique, réalisée avec le Munsell Color Science Laboratory.

Le tableau que nous voyons aujourd'hui n'est donc pas tout à fait celui qu'il a fait. Nous regardons une œuvre dont l'équilibre des couleurs a été transformé par le vieillissement de ses pigments.

Et il faut être honnête jusqu'au bout : c'est cet état actuel de l'œuvre, ce bleu posé contre le jaune beurre frais du lit, qui nous a rappelé notre bille de 35 mm. Pas le tableau de 1888.

Le Semeur : traduire n'est pas copier

On lit souvent que Van Gogh a copié Le Semeur de Millet. C'est une manière un peu rapide de raconter l'histoire.

D'abord, il ne travaille pas devant le tableau. Ce qu'il a sous les yeux, ce sont des reproductions en noir et blanc, et il le dit.

« je pose le blanc et noir de Delacroix ou de Millet ou d'après eux devant moi comme motif. Et puis j'improvise de la couleur là-dessus. Ca c'est une interpretation à moi. »
Vincent van Gogh à Théo, Saint-Rémy, 1889. Lettre 805 (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Ensuite, il ne cherche pas à copier, et il trouve pour se justifier une comparaison qui règle la question : on demande aux peintres de tout composer eux-mêmes, alors qu'en musique un interprète qui joue du Beethoven y ajoute la sienne. « Mon pinceau va entre mes doigts comme serait un archet sur le violon. » Ailleurs il tranche : traduire ces dessins dans une autre langue, bien plutôt que les copier (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre).

Reste à savoir ce qu'il traduit. En juin 1888, il pose le problème à Théo dans les termes exacts d'un coloriste : le semeur de Millet est gris et incolore. Peut-on le peindre avec un contraste simultané de jaune et de violet ? Certes, répond-il, oui.

Voilà l'opération. Millet fournit le motif, en noir et blanc. Les théories et les exemples colorés qu'il admire, notamment chez Delacroix, nourrissent sa manière de le traduire. Van Gogh fait le reste. Il en peindra trois versions dans la seule année 1888.

Et il ajoute, à propos de son premier essai : « je me suis un peu foutu de la vérité de la couleur. »

Ce jaune éclatant dominant un bleu profond, c'est notre 42 mm.

Ce que ces cinq tableaux changent dans notre regard sur Van Gogh

Il peignait réellement dehors, la nuit. Pas de mémoire, pas au chaud le lendemain. Sur place, dans le noir, sous les becs de gaz, en sachant qu'il risquait de confondre un bleu et un vert. Un journal d'Arles l'a rapporté.

Un tableau vieillit. La Chambre à coucher nous parvient avec un équilibre chromatique que son auteur n'a pas choisi. Nous regardons rarement ce que les peintres ont peint : nous regardons ce qui en reste.

Il regardait énormément les autres artistes. Millet pour Le Semeur, Delacroix pour la couleur, les estampes japonaises pour les aplats. Reprendre un motif, l'étudier, le transposer fait partie du travail du peintre. Il comparait cela à un violoniste jouant du Beethoven : la partition est d'un autre, l'interprétation est de lui.

Et nos billes Van Gogh dans tout ça ?

C'est ainsi que cinq billes de tailles différentes ont fini par porter le même nom. Chacune nous a rappelé, à sa manière, cette rencontre du bleu et du jaune.

Taille Ce qu'on y voit Fiche produit
16 mm verre bleu veiné de jaune Bille Van Gogh 16 mm
22 mm verre bleu à deux traînées Bille Van Gogh 22 mm
25 mm verre bleu à large masse jaune Bille Van Gogh 25 mm
35 mm verre bleu à deux rubans Bille Van Gogh 35 mm
42 mm verre bleu à crête jaune Bille Van Gogh 42 mm

Toutes sont vendues à l'unité.

À votre tour
Et vous, quel tableau vous a fait regarder une couleur autrement ? Racontez-nous en bas de page.

Pour aller plus loin

Chez MesBilles

Sources

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Mascotte Ronde MesBilles

L'œil MesBilles

Un bleu qui appelle un jaune, cela fait plus de cent trente ans que ça marche. Chez MesBilles, chaque bille se choisit à l'unité, une couleur à la fois.

Voir les billes d'Art qui portent un nom de peintre →

Illustrations MesBilles : billes du catalogue, vendues à l'unité, photographiées à côté des œuvres citées, toutes dans le domaine public.

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